La Cause pour l’Elégance, le Bon Goût et la Correction Orthographique, Lexicale et Grammaticale

Ici, pas de smileys, pas de lol ni de points d’exclamation successifs, mais de l’élégance, du bon goût et de la correction pour s’exprimer. Et un rude combat à mener contre la déferlante de la vulgarité. Rejoignez-nous!

 

Le plus grand smiley du monde

Vous connaissez certainement l’histoire de ce matelot sur son voilier qui navigue sur l’océan Pacifique, ou sur l’océan Atlantique si vous préférez, cela n’a aucune importance. Et le matelot voit l’horizon au loin, il sent qu’il s’en approche, que le vent le porte vers cette ligne qui se dessine tout au bout, à une distance indéterminée. Mais voilà, à mesure qu’il s’en approche, l’horizon s’éloigne, et le matelot devient las, désabusé, vidé, fatigué.

Aujourd’hui, le matelot, ou, pour se rapprocher de la vérité, le capitaine de navire, c’est moi – j’avais pris l’image du matelot pour vous attendrir – et l’horizon, comme vous vous en doutez, c’est l’élégance, l’élégance dans sa complétude, l’élégance dans sa quintessence qui, tel l’oiseau insaisissable, l’horizon inatteignable, s’éloigne alors qu’on s’en approche.

En effet, alors que je croyais bien naïvement que nos actions commençaient à porter leurs fruits, que nous étions parvenus à contenir la vague du smiley, que le mauvais goût reculait peu à peu, vous imaginez bien que c’est avec stupeur que j’ai découvert la dernière prouesse de toute cette maudite clique pour faire s’écrouler mon fragile édifice : la formation du plus grand smiley au monde. J’ai failli en rester sans voix. Mais j’ai rapidement repris le dessus pour taper du poing sur la table et dénoncer cette initiative saugrenue.

Figurez-vous que dans l’article qui m’a appris cette navrante nouvelle, il était expliqué qu’un demi-millier de personnes, certainement fières et certainement inconséquentes, sans compter leur probable appartenance à une secte, se sont rassemblées il y a peu à Orlando, Floride, Etats-Unis, Amérique, Terre, Système Solaire, Voie Lactée, pour vous situer à peu près le coin, pour former, par une disposition particulière, le plus grand smiley au monde.

Le plus grand smiley du monde
Tête de smiley, formée par 500 têtes d’œuf

Le mauvais goût ne connait donc aucune limite. Sa capacité de persuasion est tellement forte qu’il parvient à endoctriner pas moins de 500 personnes pour accomplir une œuvre de seconde zone s’étalant tout de même sur un diamètre de 15 mètres environ, ce qui fait une sacrée tâche. En entrant un peu dans le détail de la coupure de presse en question, trouvée sur je ne sais plus quel obscur site Internet, nous apprenions, histoire de nous enfoncer un peu plus dans des ténèbres de perplexité, que ce rassemblement avait pour objectif de battre le précédent record de smiley, qui n’était composé à l’époque que de 261 personnes.

Cette dernière information nous apprend une chose désespérante : le smiley a élargi son cercle d’influence et accru son poids dans le rapport de force actuel. Là où il ne rassemblait que 261 personnes il y a quelques années, il en rassemble aujourd’hui 500. Si on intègre en plus la probabilité que ce ne soient pas toutes les mêmes personnes, et que certaines n’ont pas pu venir à la manifestation, cela fait environ 1000 personnes aliénées par le génie du mal qu’est ce satané smiley. Soit approximativement, selon le dernier recensement, 0,000015% de la population mondiale. Je suis au grand regret de vous annoncer que comparativement, notre propre réseau, de tout au plus une centaine de personnes, soit 0,0000015 misérables % de la population mondiale, ne pèse pas bien lourd et pour parvenir à nos fins, il va falloir mettre les bouchées doubles, les bouchées décuples mêmes, si j’ose dire, et si vous avez suivi jusqu’au bout cette petite excursion dans le monde enchanté des mathématiques.

« En quoi ce smiley, aussi énorme soit-il, vous dérange-t-il ? » allez-vous me demander si vous me connaissez. « En quoi ce smiley, aussi énorme soit-il, te dérange-t-il ? » me demanderez-vous si vous n’avez pas encore intégré que le vouvoiement est vivement apprécié à la Cause quand on s’adresse à son Grand Maître ; il est considéré comme une forme de respect. Quoi qu’il en soit, que vous le respectiez ou non, le Grand Maître en question, c’est-à-dire moi, vous formulera la même réponse, qu’il vous prie d’apprendre par cœur : ce smiley me dérange car il est dangereux.

Certes, ce smiley ne vient pas polluer un texte. Il ne vient pas interrompre ma lecture. Mais, d’une part, il vient gâcher une photo magnifique d’un sublime parking, ce qui est difficilement pardonnable, et ensuite, il laisse à penser qu’il est un vecteur incontournable de la joie de vivre et de la bonne humeur. Et c’est en cela qu’il représente une menace. Or, nous, à la Cause, nous avons une ambition pour l’humanité, rien que ça, qui est de dire que la gaieté et l’allégresse ne se résument pas à deux traits noirs dans un rond jaune. Nous osons affirmer que ce joyeux état d’esprit peut s’exprimer de manière plus subtile, plus imagée, plus distinguée que ne le fait ce vulgaire pictogramme uniformisé.

Pour en finir, ce que nous ne tolérons pas dans un texte, il est bien évidemment hors de question que nous l’acceptions sur un parking. Voilà la morale de l’histoire. Car avant de militer pour le bon goût, la distinction et tous ces concepts abstraits, nous sommes en tout premier lieu et bien concrètement préoccupés de la propreté des lieux publics.

Dans : Argumentaires de la Cause,Contre le smiley,Hors de Cause,Revue de presse
Par Le Grand Maître de la Cause
Le 22 octobre, 2010
A 15:06
Commentaires : 4
 

4 Commentaires

  1.  
    nekonohime
    nekonohime écrit:

    La Cause peut compter une nouvelle adepte : moi! Et oui, le Grand Maitre a réussi à me « convertir » à cette cause qui est désormais mienne. Allons porter la bonne parole et débarassons notre « belle » planète de ces horribles smiley! (et là j’ai failli en mettre un pour ponctuer mon commentaire, je sens que le sevrage va être dur)

  2.  
    franck77
    franck77 écrit:

    Salutations Distinguées Ô Grand Maître Qui nous Cause.
    .
    J’ose espérer que les familles des 17 places de parking injustement squattées traîneront devant les tribunaux compétents ces hurluberlus sans foi ni loi.
    .
    Et pour donner un signe de fermeté, il serait bon d’embastiller dès potron-minet le beau frère de Dalida, Orlando, qui a osé signer le tableau de cette mascarade et ce regroupement de mecs mi hommes, mi smileys.
    .
    Avant d’aller glisser mon épiderme crouteux sous les bienfaits de la douche, je te présente, Ô Grand Maitre à qui j’ai Causé, mes hommages du samedi soir.

  3.  
    franck77
    franck77 écrit:

    Je reviens vite fait, encore humide de cette douche bienfaitrice, afin d’oser te demander de corriger les deux fautes de frappe qui souillent mon commentaire précédent, et qui risqueraient de mettre en péril le bien fondé de mon soutien pour la Cause.

  4.  
    Le Grand Maître de la Cause
    Le Grand Maître de la Cause écrit:

    Cher Franck77,
    C’est toujours un plaisir de t’accueillir dans nos locaux, encore plus quand tu sens bon, et après cette douche qui a duré quand même quasiment une heure, nous pouvons dire que c’est le cas.
    Je m’empresse bien évidemment de corriger les deux petites fautes de frappes de rien du tout qui entachaient ton précédent commentaire du soupçon de la nonchalance, bien que nous n’ayons jamais douté du soutien que tu nous apportes.
    Je me suis d’autant plus précipité pour réparer ces légères bévues que le commentaire en question, figure-toi, est le centième que ce blog ait reçu, chargé en conséquence de toute la symbolique que cela implique. Et en tant que symbole, il était bien évidemment hors de question que ce message demeure pourvu de ces erreurs que je mets de manière bienveillante sur le compte de ton inattention, et, peut-être, de l’émotion avec laquelle tu as rédigé ce commentaire représentatif d’un nouveau cap dans l’histoire (si nous étions des scénaristes de séries hollywoodiennes nous dirions la « success-story ») de la Cause.
    J’ai donc définitivement effacé de notre vue et (presque) de notre mémoire ces horribles bourdes qu’étaient, je les cite pour que tout le monde se rende bien compte de quel genre d’homme tu es, l’oubli du « e » de « samedi » et la substitution au « t » de « bienfaits » d’un « y » qui n’avait effectivement rien à faire ici, mais plutôt entre le « e » et le « s » de « smileys », une ligne plus haut, comme tu l’avais négligemment omis. A ce propos, tu avais aussi oublié un « r » à « hurluberlus », le premier pour être précis.
    Alors, bien sûr, maintenant, tout ceci est corrigé, donc tu ne pourras même pas t’en apercevoir, mais si on refait les comptes, ce ne sont finalement pas deux, ni même trois, mais carrément quatre fautes qui trônaient fièrement au beau milieu du centième commentaire de ce blog. Et j’inclinerais pour ma part, et à titre strictement personnel, à penser que ça commence à faire un peu beaucoup quand même.
    Mais ne gâchons pas la fête programmée pour célébrer cet évènement à cause de ces quatre fautes certes monumentales mais, finalement, bien inoffensives.
    D’ailleurs, pour oublier tout ça, je propose que nous reprenions un peu de biscuit au chocolat et un petit fond de rosé pour sceller notre réconciliation après ces quatre infractions chacune passibles de la peine de mort en trinquant à l’avenir et à la prospérité des travaux et actions de la Cause.
    Mais le vin, même rosé, développant ses effets euphorisants chez moi très rapidement, je suis déjà en mesure de te pardonner, de te remercier chaudement de ton intervention et d’avoir signé notre centième commentaire, ce qui est, aussi, tout un symbole.
    Je te salue bien bas et te tire mon chapeau, comme ça, parce que j’ai envie, et parce que c’était la centième.
    Le Grand Maître de la Cause

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