La Cause pour l’Elégance, le Bon Goût et la Correction Orthographique, Lexicale et Grammaticale

Ici, pas de smileys, pas de lol ni de points d’exclamation successifs, mais de l’élégance, du bon goût et de la correction pour s’exprimer. Et un rude combat à mener contre la déferlante de la vulgarité. Rejoignez-nous!

 

La Cause aime la photographie, mais pas les clichés

On pourrait pensait que la CEBGCOLG est plutôt copine avec ce qu’on appelle communément la « presse » ou les « médias ». Il est vrai qu’on aperçoit rarement de smileys dans les colonnes du Monde, que Libération émaille avec parcimonie ses articles de points d’exclamation successifs et que, aussi étonnant que cela puisse paraitre, le Figaro n’est pas coutumier de l’emploi du « lol », pourtant, Dieu sait si ce journal nous fait marrer. Autant d’éléments à porter au bénéfice de ces journaux qui pourraient faire croire aux béotiens et aux sapajous que la presse s’exprime correctement et qu’elle participe du raffinement dans la langue française.

C’est à ce moment que le Grand Maître de la Cause intervient, comme d’habitude mais sans lassitude, pour rappeler à la raison toutes ces âmes esseulées, tellement désemparées qu’elles en viendraient à croire que Libération ou le Figaro puissent être des bastions de l’élégance verbale. Bien entendu, ce n’est pas le cas. S’il suffisait de ne pas utiliser de smileys ou de « lol » pour pouvoir prétendre faire partie du cercle fermé des hommes de bon goût, j’aime autant vous dire que le cercle en question serait, pour le coup, beaucoup moins fermé. Et puis il faut rappeler qu’en général, le contenu des journaux est rédigé (et j’emploie le terme « rédigé » avec tous les guillemets qui s’imposent) par des journalistes, c’est-à-dire des types payés à la ligne ou au nombre de signes qui cherchent plus à remplir les trous entre les publicités de leurs baveux qu’à en relever le niveau.

Conscient de leurs méthodes de travail en tous points différentes des siennes (puisque je m’autorise à prendre le temps qu’il faut pour écrire des articles fouillés et de qualité), le Grand Maître de la Cause s’est toujours méfié des journalistes. Aussi, pour résoudre définitivement la question du bon goût des journalistes, il a étudié avec intérêt une enquête statistique publiée récemment sur les clichés dans la presse. Certes, cette enquête a été menée par des journalistes, mais entre des journalistes fiers de l’être et des journalistes crachant sur leurs confrères journalistes, il est nul besoin de préciser auxquels va ma préférence.

Cette étude, dont les résultats ont été présentés sur le site Rue89, recensait en fait des expressions toutes faites revenant le plus souvent dans les articles de presse. Et, en y jetant un furtif coup d’œil, on constate avec tristesse que nos amis les journalistes ont encore bien des efforts à fournir pour pouvoir se prévaloir de l’élégance lexicale. Les journalistes responsables de cette enquête ne sont d’ailleurs pas exempts de tout reproche, puisqu’ils utilisent à longueur d’article le terme « cliché » au lieu de celui de « poncif » ou de « lieu commun », qui ont l’avantage d’être bien plus distingués que le premier et qui auraient eu le mérite de nous bercer de l’illusion que les journalistes ont un vocabulaire riche et varié.

De toute évidence ce n’est pas le cas puisque, tout média confondu, des expressions telles que « la cerise sur le gâteau », « avoir le vent en poupe » ou « grincer des dents » se retrouvent dans tous les titres de presse confondus. Voilà ce qu’on apprend en école de journalisme !

Mais, encore plus amusant que de constater qu’en tout état de cause les journalistes n’ont en réalité qu’un panel très restreint d’expressions à leur disposition pour égayer leurs articles, c’est de voir quelle expression toute faite utilise majoritairement chaque journal. Par exemple, il est savoureux de remarquer que Libération et l’Humanité, deux quotidiens aux opinions sinon similaires du moins proches, ont pour poncif préféré « l’ironie de l’histoire », sans doute car ils aiment bien voir les situations se retourner au détriment de ceux qui en profitaient auparavant. De même, on découvre avec amusement que la télévision, qui aime bien les histoires qui se terminent bien, utilise massivement le clicheton « la cerise sur le gâteau ».

Enfin, les visiteurs les plus réguliers de la Cause pour l’Elégance, le Bon Goût et la Correction Orthographique, Lexicale et Grammaticale le savent, il y a deux choses au monde que le Grand Maître de la Cause abhorre par-dessus tout : les journalistes et les sportifs. Il va sans dire que ceux qui se réclament du journalisme sportif s’exposent donc à l’ire du Grand Maître de la Cause, surtout quand on observe que les titres sportifs, en plus d’ergoter sur des sujets sans intérêt, le font avec un style lui aussi dénué de tout intérêt. Les journalistes sportifs ont ainsi pour expression favorite, en plus de l’inévitable « la cerise sur le gâteau » (comme dans « L’Olympique de Marseille est Champion de France, et, cerise sur le gâteau, meilleure attaque du championnat »), l’inutile « il est attendu au tournant » ou encore « il caracole en tête ».

Vous le voyez, ce n’est pas parce que ces journaux n’utilisent pas de smiley ni de « lol » qu’ils peuvent être rangés au rayon des amis de la langue française et du bon goût lexical. Car, à la Cause, nous sommes très clairs là-dessus : ce qui fait la richesse de la langue, c’est sa diversité. Or, en utilisant à longueur d’article les mêmes poncifs, on ne fait qu’appauvrir notre belle langue. Et nous ne pouvons que tirer la sonnette d’alarme (le premier qui me dit que j’utilise là un lieu commun, c’est mon pied dans les genoux) face à ce terrible constat, car aujourd’hui les journalistes, par facilité, se servent de ces expressions toute faites, mais demain, ce sont des smileys qu’ils emploieront pour structurer leurs articles. Vous verrez, dans quelques années l’Equipe titrera « Marseille champion de France :-) » et Libération « Affaire Sarkozy, tel est pris qui croyait prendre ;-) ».

Nous ne saurons donc que trop conseiller aux rédacteurs en chef de ces journaux de prendre garde à cette néfaste évolution que nous pressentons. A la Cause, nous n’utilisons jamais d’expression en kit, nous cherchons toujours à introduire de la nuance et de la distinction dans nos textes, le Grand Maître de la Cause y veille précautionneusement. Aussi, pour qu’à l’avenir les journaux de la presse nationale et régionale soient un champ fleuri de raffinement et de bon goût, je ne peux qu’inviter tous les étudiants en journalisme (sans remettre en question leur contestable choix de carrière) à s’imprégner des préceptes d’élégance et de distinction de la Cause, comme le foie d’un ivrogne s’imprègnerait de la cirrhose qui le guette, voilà, par exemple, une belle expression que je vous autorise à réutiliser dans vos prochains articles.

Dans : Ennemis de la Cause,Hors de Cause,Revue de presse
Par Le Grand Maître de la Cause
Le 8 septembre, 2010
A 18:29
Commentaires : 2
 

2 Commentaires

  1.  
    franck77
    franck77 écrit:

    Salutations distinguées, Ô Grand Maître qui me Cause.
    .
    Ton intervention est, une fois de plus, argumentée et fort à propos.
    .
    Cependant, j’ai relevé les mots « baveux » et « clichetons ». Je ne voudrais pas que la lecture de mon blogounet, à tes heures perdues, ne déteigne sur le bon goût et la bienséance dans tes causeries.
    .
    En ce qui concerne le journaliste sportif, je suis d’accord avec toi, sauf quand on parle du grand Antoine Blondin.

  2.  
    Le Grand Maître de la Cause
    Le Grand Maître de la Cause écrit:

    Bonjour cher Franck77, ou, pour être plus précis, Bonsoir.
    Je te remercie de ton intervention, et je me permets d’y répondre brièvement, autant que faire se peut.
    Effectivement, je suis forcé de le reconnaitre, j’ai employé les termes « baveux » et « clichetons ».
    Pour ce qui est de l’occurrence « baveux », j’avoue, un peu honteusement, m’être inspiré de ton blog, que j’ai beaucoup de plaisir à consulter très régulièrement. J’espère que tu ne m’intenteras pas un procès pour plagiat, et, si c’était le cas, mon avocat, Maître Duracuir, reviendrait au pied levé de ses vacances pour me défendre, et il ne fait nul doute qu’il gagnerait. Non pas par son charisme ni son éloquence, pas très développés au demeurant, mais plutôt par son impressionnante force de persuasion, rapport à ses biscotos taillés dans du bois, en espérant que tu me passeras l’expression « biscoto ».
    En revanche, le terme « clicheton » est de mon propre cru. Enfin… Bien évidemment, je n’ai pas la prétention d’avoir inventé ce mot argotique, non. Je veux dire par là que c’est moi qui l’ai trouvé tout seul en y réfléchissant avec mon propre cerveau, c’est dire si tu n’y es pour rien.
    Alors certes, la lecture de ton excellent blog pourrait facilement et rapidement avoir des répercussions dramatiques sur mon vocabulaire, mais il ne faut pas oublier que le thème de cet article était le journalisme, qu’il tirait ses informations d’un article de presse trouvé, de surcroit, sur Internet, et que j’y ai cité « Libération » et « Le Figaro » dès les premières phrases. Dans ces conditions, il était difficile de prétendre écrire un texte de bon goût du début à la fin.
    Puisque je parle de fin, pour terminer, je précise que la Charte de bonne conduite de la Cause que je n’ai pas encore pris la peine de rédiger, dans son article 47 alinéa 6, stipulera que les mots d’argot ne contreviennent pas nécessairement à l’élégance et à la bienséance dont se prévalent tous les éminents membres de la Cause. Ainsi, nous ne nous interdisons pas, lorsque vraiment on commence à nous taper sur le système, à sortir notre dictionnaire d’argot pour exprimer dans un langage imagé, mais néanmoins distingué, l’élégance de notre pensée.
    Maintenant que les choses ont été mises à plat et que nous nous sommes mis d’accord sur ce point, ainsi que sur la médiocrité des journalistes sportifs contemporains, je te prie, en attendant de nous retrouver ici ou là, d’agréer l’expression de mes suiffardes, comif et chiques salutations.
    Le Grand Maître de la Cause

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