La Cause pour l’Elégance, le Bon Goût et la Correction Orthographique, Lexicale et Grammaticale

Ici, pas de smileys, pas de lol ni de points d’exclamation successifs, mais de l’élégance, du bon goût et de la correction pour s’exprimer. Et un rude combat à mener contre la déferlante de la vulgarité. Rejoignez-nous!

 

Veille télé, Partie I : Il y a du pain sur la planche, et des tartes qui se perdent

La lutte pour le bon goût et l’élégance est un combat qui ne connait pas de jour de repos, contrairement à ces fainéants du Tour de France, qui passent deux jours sans pédaler sur trois semaines, ce que je ne peux bien évidemment pas me permettre. Imaginez le scandale si je m’accordais une journée de relâche, sans veiller constamment sur l’état de la langue française, et que pile à ce moment là, une nouvelle offensive du smiley ou du langage texto se manifestait : on me le reprocherait jusqu’à la fin de mes jours, et à juste titre, puisque sur mes frêles épaules reposerait alors le poids de cette erreur qui ne manquerait pas d’entrainer le monde dans les tréfonds de l’ineptie verbale et de la simplification grammaticale, ce qui ne risque pas de m’arriver, la preuve, je ne me rappelle même plus quand est-ce que j’ai commencé cette phrase.

Toujours est-il que, ne connaissant pas de vacances, le Grand Maître de la Cause a entrepris hier d’effectuer une petite séance de veille télévisuelle… Je voulais m’avachir et buller dans mon canapé quoi. Au début, j’avais commencé par m’endormir devant le Tour de France, mais ma conscience professionnelle me rattrapant juste avant que je ne sombre dans le Royaume de Morphée, je me suis décidé à zapper mollement, en écoutant d’une oreille distraite. C’est alors que je suis tombé sur un programme qui n’a pas manqué d’attirer mon attention, sur la chaine NRJ12, car, en tant qu’homme moderne, je suis équipé de la TNT. Ce programme, intitulé « Prêt à tout pour devenir célèbre », dressait le portrait de quatre énergumènes qu’il ne serait pas abusif de qualifier à la fois d’égoïstes, d’égotiques et d’égocentriques dont l’unique but dans l’existence était de parvenir à la célébrité.

Rien que d’évoquer cette émission, j’en ai des larmes de rire qui me coulent sur la joue gauche et des larmes de tristesse sur la joue droite. L’exhibitionnisme patent et l’absence de tout sens de la mesure et de la retenue de ces quatre hurluberlus atteignaient un niveau de ridicule qui en devenait presque gênant pour le téléspectateur lambda que j’avais la prétention d’être. Entre Jonathan (prononcez Jonathane), Sam (autosurnommé Sam de Paname), Jessica et Bébert, on peut dire qu’il n’y en avait pas un pour rattraper les autres.

Bébert, par exemple, est un fiscaliste ayant une cinquantaine d’années le jour, et un danseur-chanteur-humoriste, frisant cependant toujours la cinquantaine, la nuit. Son grand plaisir dans cette double vie, son petit bonheur, le truc qui le fait bander ferme, pour être très clair, c’est de se déguiser en boucher avec des oreilles de cochon, puis de se trémousser sur la scène d’un cabaret dont on se demande encore comment le propriétaire a pu accepter qu’il s’y produise, en fredonnant « tirelipimpon sur le chihuahua », chanson du gros chanteur Carlos, « qui a eu la carrière que Bébert aurait dû avoir », selon les dires de Bébert lui-même, pas étouffé par la modestie sur ce coup.

D’une manière générale, la modestie ne semble pas être la caractéristique première de nos modèles d’étude du jour. Il en va ainsi de Jessica, prototype même de l’utilisatrice du smiley que nous conspuons jours et nuits à la Cause pour l’Elégance, le Bon Goût et la Correction Orthographique, Lexicale et Grammaticale. Pourquoi dis-je cela ? Parce que Jessica a 19 ans et qu’elle est gogo danseuse dans une boîte de nuit, qui est un métier que je n’aurais pas pu exercer pour tout un tas de raisons, mais le fait de ne pas avoir de longs cheveux blonds peroxydés compte quand même pour beaucoup, ce qui ne m’empêche pas de critiquer. Jessica s’enorgueillit d’avoir plus de 2000 fans sur Facebook. Et Jessica place son irrépressible besoin de reconnaissance au dessus de tout. Elle veut être connue, elle veut être connue et elle veut aussi être connue. Elle ne le dit d’ailleurs pas mieux que moi (faudrait quand même pas exagérer) : « Si je ne suis pas connue, je me pends », « Je veux signer des autographes ». Ambition, quand tu nous tiens.

Et quand je dis que Jessica est très fière d’elle-même, très satisfaite de sa personne, je ne l’invente pas. C’est elle qui dit d’elle-même : « Je suis amoureuse de moi », ou encore cette phrase à classer au tableau d’honneur de l’autosatisfaction : « Je me mentirai si je disais que j’étais moche ». Ce qui n’est tout d’abord pas vrai, car personnellement, je la trouve moche, mais ça n’engage que moi, et d’autre part, si je venais à la croiser, c’est sûr qu’elle serait moche après les deux tartes que je lui mettrai dans la figure pour lui remettre les idées d’aplomb.

Excusez-moi, chers lecteurs, mais je sens la colère monter en moi, je sens que je bous et que je fulmine, et si je continuais ce compte-rendu dès à présent, je risquerais de sortir de mes gonds, de péter une durite, de m’énerver quoi. Et je ne le veux pas, car j’ai une réputation à défendre moi. Je ne suis pas une petite merdeuse prétentieuse qui ne fait rien à part poser à poil la main devant les bijoux de famille en attendant la gloire. Il y en a qui travaillent, qui ont autre chose à foutre que d’attendre qu’on leur demande de signer des autographes.

Alors excusez-moi, mais oui, je m’énerve un chouïa, car j’aime bien occuper intelligemment mon temps, c’est-à-dire faire autre chose que d’essayer des strings et des porte-jarretelles dans le dernier magasin de fringues à la mode avant de demander au vendeur si des fois il n’est pas à la recherche d’un mannequin. Mais quand je constate amèrement que j’ai perdu une heure à regarder ce reportage à la con qui porte aux nues des personnes à l’incompétence criante, au vide affligeant, et à l’inculture consternante, et qu’en plus de cela, je perds encore deux heures à en écrire un compte-rendu que personne ne lira pour mon blog, alors je suis triste, je suis morne et je suis malheureux.

Or je sais, moi, qu’il reste deux autres personnages à décrire, deux autres personnages tout aussi vulgaires, tout aussi insupportables, tout aussi futiles et superficiels. Mais je ne veux pas vous fatiguer, ni me fatiguer.

Je vous demande donc un peu d’indulgence et de patience, en vous invitant à venir découvrir la suite de ce résumé demain, pour les deux derniers – et meilleurs – personnages de ce magazine débilisant.

En attendant, soyez sages et ne regardez pas la télé, je le fais pour vous.

[à suivre…]

Dans : Ennemis de la Cause,Hors de Cause,Les aventures du Grand Maître de la Cause,On en a causé à  la télé
Par Le Grand Maître de la Cause
Le 26 juillet, 2010
A 18:32
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